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STYLE ET CULTURE POP

INTERVIEW : OLLY ALEXANDER

13 septembre 2018

Olly Alexander est désarmant et d’une sincérité adorable. ASOS Magazine s'est entretenu avec la star pour parler des droits LGBTQ +, de l'activisme trans, de sa rencontre avec Dame Judy Dench, de son père, du privilège blanc et de sa vie sentimentale. Et, bien sûr, pour discuter de Palo Santo, le nouvel album du groupe disco-pop d’Olly, « Years & Years ». Voici une partie de l'interview ci-dessous, et si vous en voulez plus, c'est par ici pour vous procurer le numéro Automne 2018 du magazine ASOS. 

Le leader des Years & Years Olly Alexander

D’où vient le nom Palo Santo ? 

On brûle le palo santo (« bâton saint » en espagnol) pour libérer les bonnes énergies, et se débarrasser des mauvais esprit et des énergies négatives. Je suis allé dormir chez un ami et son copain, et on a commencé un triangle amoureux un peu chelou qui a duré, genre, deux minutes. Il brûlait du palo santo chez lui et j’étais en mode : « C’est quoi ce truc ? » et il m’en a donné. Bref, j’ai fini par écrire une chanson à propos de tout ça et c’est devenu une métaphore pour tout l’album. 

 

Il y a beaucoup de références à l’amour entre des personnes de même sexe dans cet album...

Quand j’ai commencé à penser à tout ça, j’ai pris la décision de ne pas faire de l’album une « prise de position. Mais je pense que nous, homos, nous sommes ce que nous sommes. C’est pour ça que ça vaut le coup de partager ses propres expériences. Qu’est-ce que je pourrais faire d’autre ? 

Olly Alexander dans le numéro Automne 2018 du magazine asos

Est-ce parfois difficile d’être le porte-parole de la communauté LGBTQ+, sachant que c’est une cause sensible ? 

Disons que je me sens bien quand je parle des choses qui me touchent. J’ai la chance d’avoir une plate-forme et de pouvoir partager. Les gens m’écoutent et me tiennent responsable de ce que je dis, ce qui est normal, mais ça me fait réaliser à quel point le manque de représentation queer est flagrant. L’identité queer est de plus en plus célébrée, ce qui est génial, mais il y a toujours un fossé entre comprendre de ce que « queer » signifie et entendre la voix de personnes queer, ou voir des œuvres queer prendre vie, à la télévision, sur scène, dans la musique, dans l’art... Il y a encore du taf. 

Olly Alexander portant un pull à rayures, un jean et des baskets Fila disruptor

Est-ce qu’il t’arrive de comparer ton statut à ceux d’autres artistes queer ? 

Quelqu’un m’a demandé : « Est-ce que tu penses vraiment que ta couleur de peau t’a aidé à en arriver là ? » et j’ai répondu : « Oui ! Évidemment ! », et [le journaliste] a un peu halluciné. Je suis un mec cis, blanc et gay. Uzo [MNEK] est devenu un bon pote et c’est un mec intelligent et ultra-talentueux, qui bosse dans l’industrie depuis presque dix ans. C’est tellement important de pouvoir parler avec lui et entendre ce qu’il a à dire. Parce que c’est le principe même des privilèges – je me rends pas forcément compte de quand j’en profite, donc il faut écouter les personnes concernées. 

Olly Alexander pris en photo par Olivia Rose pour le numéro Automne 2018 du magazine asos

Un autre sujet évoqué dans Palo Santo - de manière implicite et explicite - est la paternité...

Honnêtement, je suis toujours pas certain de ce que je pense de tout ça. D’un côté, j’ai passé ma vie à essayer d’écrire des chansons sur mon père. Et je vois aujourd’hui comment ça transparaît dans les chansons de l’album. J’ai l’impression qu’il faut affronter la douleur et les ténèbres pour essayer de les accepter. Il y a tellement d’autres sujets dont on peut parler. J’ai souffert de boulimie, je me suis scarifié, j’ai été vraiment déprimé et j’espère - je touche du bois – que tout ça est derrière moi. Ma relation avec mon père, c’est toujours d’actualité. Je travaille encore dessus. 

Olly Alexander dans le numéro Automne 2018 du magazine asos

Photos: Olivia Rose, Stylisme Luke Raymond

Quel conseil veux-tu donner aux jeunes qui sont face à des problèmes similaires ? 

Je veux qu’ils sachent qu’ils méritent de se sentir bien dans leur peau. Tout peut s’arranger, mais pour qu’on vous aide il faut parler de ce qui vous préoccupe. Commencez par en parler à une personne de confiance. Si vous n’avez personne vers qui vous tourner, appelez une organisation, comme S.O.S. Amitié ou une asso comme L’association France Dépression : mettre des mots sur sa souffrance est la première étape. On dit tout le temps : « Ne pleure pas », mais je ne suis pas d’accord, il faut que ça sorte. Laissez couler vos larmes : il faut toucher le fond pour rebondir. 

 

Et pour finir, que veux-tu accomplir avec cet album ?

Je voulais créer un album dont je pourrais être fier. Peu importe si ça marche ou pas. Je me sens enfin libéré de tout ça. Franchement, combien de fois est-ce que tu as la chance de faire un deuxième album ? Une seule. 

 

Le nouveau numéro Automne 2018 du Magazine ASOS est sorti. Par ici pour vous procurer une copie. 

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